Dans cette première édition du EuroTech Valuation Index (EVI), nous publions un benchmark des multiples de valorisation de la Tech européenne, fondé sur les multiples EV/Revenue observés sur des transactions Venture Capital et Private Equity en Europe, à partir de la base de données propriétaire de ScaleX Invest.
À fin S1 2025, l’EVI s’établit à 4,73× EV/Revenue, en baisse de 12% vs. S2 2024, et très en dessous du pic post-Covid de 8,24× en S1 2022. Pour autant, le marché n’est pas simplement en baisse : le pricing se recompose selon les maturités, les secteurs et les géographies, tandis que les marchés cotés laissent entrevoir, de manière sélective, des options de sortie.
EuroTech Valuation Index (EVI) : de quoi parle-t-on ?
L’EuroTech Valuation Index analyse les multiples de chiffre d’affaires (EV/Revenue) observés dans les transactions de Tech non cotée en Europe, sur l’ensemble du spectre Venture Capital (early et late stage) et Private Equity (Growth Equity et Buyout). Son objectif est simple : fournir aux GPs, LPs et banques un indicateur robuste, qui reflète la manière dont le marché valorise les actifs privés.
Données et méthodologie
L’édition 2025 se base sur plus de 11 000 observations depuis 2020, centrées sur des entreprises Tech dont le siège est situé en Europe, et sur des transactions présentant une valorisation post-money supérieure à 1 M€.
L’échantillon actuel totalise 11 261 multiples, répartis entre :
• Le Venture Capital qui représente 6 259 observations (Early-stage 2 986 ; Late-stage 3 273).
• Le Private Equity qui couvre 5 002 observations (Growth Equity 1 289 ; Buyout 3 763).
Cette profondeur est déterminante : elle permet de comparer les multiples EV/Revenue de la Tech européenne avec une robustesse suffisante pour alimenter les modèles de valorisation.
S1 2025 : un re-pricing en cours… mais très différencié
Le mouvement de fond est un léger ajustement à la baisse en S1 2025. Mais les multiples n’évoluent pas au même rythme selon les segments de marché.
Venture Capital : les deals early stage récents affichent une prime de sélectivité
En S1 2025, les multiples en Venture Capital se tassent légèrement au global, mais l’écart entre early et late stage s’accentue. Le multiple médian VC ressort à 7,33× EV/Revenue, tiré par un multiple early-stage de 10,29×, tandis que le late-stage VC s’établit à 4,72×.
Cette divergence s’explique d’abord par un effet de sélection et de rareté. De nombreuses levées n’aboutissent pas, ce qui concentre l’activité observable sur des financements de meilleure qualité. Dans ce contexte, les actifs les plus convaincants — en particulier ceux portés par un avantage compétitif lié à l’IA — continuent d’attirer de la concurrence et conservent ainsi un pouvoir de négociation favorable face aux fonds.
À l’inverse, le late stage reste freiné par les exigences des investisseurs en matière de rentabilité et par la crédibilité du calendrier de sortie, ce qui plafonne les multiples, même lorsque la croissance du chiffre d’affaires reste solide.
Private Equity : le Growth Equity revient au premier plan
Côté Private Equity, l’indice reflète une dynamique cyclique bien connue : lorsque le late-stage VC devient plus difficile à pricer, les capitaux se réallouent vers le Growth Equity, où la génération de cash est plus lisible.
À fin S1 2025, le multiple médian en Private Equity est de 2,18× EV/Revenue. Au sein de cet agrégat, le Growth Equity rebondit à 4,29×, tandis que le Buyout demeure comprimé autour de ~1,85×, très loin du pic de 3,51× en S1 2021.
Autrement dit, la traction opérationnelle et la capacité à générer du cash restent les principaux moteurs de valorisation. En revanche, le coût du levier impose une discipline accrue sur les opérations de LBO, bien loin des conditions de 2020–2021.
Multiples par secteur : l’IA fait figure d’exception, alors que le contexte politique impacte la ClimateTech
L’IA constitue une exception majeure, avec un multiple médian de 11,97× EV/Revenue, structurellement supérieur au reste du marché.
À l’inverse, le segment CleanTech & Energy devient de plus en plus sensible aux paramètres de politique publique et aux conditions de financement.
SaaS et E-santé s’installent dans un régime plus sélectif : la croissance ne suffit plus, et ce sont la qualité du revenu, la rétention et la trajectoire vers la rentabilité qui déterminent de plus en plus le multiple.
Faut-il s’attendre à une reprise des IPO ?
Il s’agit de l’un des signaux les plus importants de cette édition : en S1 2025, les multiples EV/Revenue des entreprises tech cotées repassent au-dessus de ceux du Private Equity, pour la première fois depuis 2021. Or, quand les comparables publics deviennent attractifs par rapport aux valorisations privées, des trajectoires d’IPO peuvent se dessiner. Reste à savoir si ce mouvement s’installera dans la durée, et quelles catégories d’actifs en seront les premières bénéficiaires au cours des prochains semestres.
Ce que cela implique pour les investisseurs
Pour les GPs, LPs et banques, l’édition S1 2025 met surtout en évidence quatre enseignements opérationnels.
D’abord, le benchmarking doit être construit par stade de maturité : les références pertinentes ne sont pas les mêmes en early-stage, en late-stage, en Growth Equity ou en Buyout, car ces segments réagissent différemment au coût du capital, aux exigences de rentabilité et aux contraintes de liquidité.
Ensuite, le marché est entré dans un contexte de dispersion, dans lequel les investisseurs se concentrent sur les dossiers capables de démontrer des fondamentaux solides et défendables — croissance robuste, monétisation claire, qualité de revenu (rétention, pricing power) et visibilité crédible sur les options de sortie.
Troisième enseignement : certains secteurs doivent désormais être valorisés comme des classes d’actifs « policy-sensitive ». En CleanTech/ClimateTech, la trajectoire de valorisation dépend autant de la technologie que de la stabilité réglementaire, des mécanismes de soutien et des conditions de financement.
Enfin, les marchés cotés redeviennent un thermomètre utile pour piloter la gouvernance des valorisations privées.
Comment ScaleX Invest vous aide à exploiter l’EVI
Le EuroTech Valuation Index n’est pas seulement une étude : l’indice est conçu pour s’intégrer dans des workflows de valorisation de portefeuille au sein de la plateforme ScaleX Invest.
ScaleX Valuation : modélisation tenant compte de la structure des instruments (equity, dette, convertibles), prise en compte de l’impact du waterfall, et gouvernance alignée IPEV pour produire des valorisations auditables.
ScaleX Monitoring : calcul de NAV en quasi temps réel et suivi de la table de capitalisation pour garantir la cohérence des valorisations d’une période à l’autre.
ScaleX Scoring : notation de résilience et de liquidité, construite sur dix années de backtesting, pour piloter le risque au niveau du portefeuille.
Télécharger l'EuroTech Valuation Index
FAQ
Que mesure le EuroTech Valuation Index ?
L’EVI suit les multiples médians EV/Revenue observés dans les transactions Tech privées en Europe, sur les segments Venture Capital et Private Equity.
Pourquoi se concentrer sur les multiples EV/Revenue ?
EV/Revenue est l’un des outils de comparables les plus utilisés dans la Tech, en particulier lorsque la rentabilité n’est pas encore atteinte ou stabilisée.
À quelle fréquence l’indice sera-t-il mis à jour ?
Cette édition correspond à une photographie à fin S1 2025. La méthodologie est conçue pour être mise à jour semestriellement afin de suivre le re-pricing des marchés au fil des cycles.
Peut-on utiliser l’EVI pour la gouvernance des valorisations et l’audit ?
Oui. L’EVI a vocation à servir de benchmark dans des processus de valorisation, afin de documenter les comparables de manière cohérente (sans se substituer à l’analyse fondamentale cas par cas)






